Qu’ont en commun Charles Darwin et Ludwig van Beethoven ?

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Qu’ont en commun Charles Darwin et Ludwig van Beethoven ?

Ils ont tous souffert d’acouphènes au cours de leur vie !
Le père de la théorie de l’évolution notait méticuleusement chaque jour l’intensité et la fréquence du bruissement qu’il entendait dans ses oreilles.
Dans une lettre de 1801 à son ami Wegeler, Beethoven se plaint d’un bourdonnement présent dans ses oreilles jour et nuit, sans relâche. On raconte que le célèbre compositeur courait dans les rues en criant et se bouchant les oreilles de ses mains.

La relation entre perte d’audition et acouphène est désormais bien établie.

Dans ce cas, le cerveau est un peu comme une personne qui écoute la radio au volant de sa voiture. À mesure qu’elle s’éloigne de la ville, il y a de plus en plus d’interférences. Le conducteur hausse le volume pour compenser la perte de réception. Mais il amplifie également les bruits parasites ! C’est un déséquilibre entre les mécanisme d’excitation et d’inhibition du cerveau à la suite d’une perte d’audition. Cela expliquerait aussi pourquoi l’acouphène s’accompagne souvent d’hyperacousie, ou de la perception que les sons sont trop forts.

Jean-Luc Puel, professeur à l’Institut des neurosciences de Montpellier, n’est pas convaincu que les acouphènes proviennent toujours du cerveau. Son équipe et lui ont, dans un premier temps, entraîné des rats à grimper à un poteau lorsqu’ils entendent un son particulier. Par la suite, ils ont donné de l’aspirine aux petites bêtes. « Ce médicament agit sur l’oreille interne. On sait que de l’aspirine prise à forte dose induit un acouphène dans 100 % des cas, soutient le chercheur. Les rats traités à l’aspirine se mettaient à grimper au poteau en l’absence de son. » Ils entendaient un acouphène. « Les cellules ciliées dans la cochlée produisent du glutamate lorsqu’elle sont stimulées par des vibrations sonores », poursuit le professeur Puel. Ce glutamate active des récepteurs spécifiques, qui transmettent un signal vers le nerf auditif. L’aspirine augmente l’efficacité de ces récepteurs, qui transmettent alors des signaux sans stimulation auditive. Le professeur teste maintenant des composés qui, lorsque injectés dans l’oreille interne des rats, bloquent l’action de ces récepteurs. Voilà peut-être un remède pour les acouphènes. « Les données du professeur Puel et son équipe sont très intéressantes, mais il n’a pas démontré le mécanisme pour l’acouphène associé à une perte auditive. Ses résultats sont donc loin de ce que vivent la majorité des patients », signale Richard Salvi. « Nous avons tout de même une bonne preuve que l’acouphène peut se produire dans l’oreille et donc qu’on ne peut se limiter au cerveau », rétorque Jean-Luc Puel.

Le débat sur l’origine des acouphènes est loin d’être clos.

Retrouvez notre dossier thématique “Acouphènes” sur www.biorl.fr

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