Un traitement par thérapie génique : un nouvel espoir pour soigner les acouphènes

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

Les perspectives d’un remède pour les pertes auditives et les acouphènes deviennent réelles. Une équipe de chercheurs de la Hearing Health Foundation a lancé une campagne d’essais cliniques sur une période de 10 ans, pour tester des médicaments favorisant la régénération des cellules ciliées de l’oreille interne humaine. La plupart des cas d’acouphènes étant dus à l’altération de ces cellules ciliées, cette ambitieuse thérapie devrait permettre de guérir avec succès les acouphènes associés à des pertes auditives.

Traitement par thérapie génique

La thérapie génique pourrait être un moyen de résoudre un problème génétique à sa source. En ajoutant une copie corrigée d’un gène défectueux, la thérapie génique promet d’aider les tissus et les organes malades a fonctionné correctement. Cette approche est différente des approches à base de médicaments traditionnels, qui peuvent traiter les symptômes mais pas les problèmes génétiques sous-jacents.

Le Hearing Restoration Project (HRP) est une synergie de 15 des meilleurs scientifiques au monde dans le domaine de la régénération des cellules ciliées. De tels essais thérapeutiques visant à inverser le phénomène de dégénérescence de l’audition sont réalisés depuis plusieurs décennies mais cette nouvelle approche permettrait un gain de temps considérable pour la mise au point d’un médicament efficace.

On sait depuis plusieurs années que les oiseaux et les poissons peuvent régénérer leurs cellules ciliées lorsqu’elles ont été endommagées, mais les souris et les autres mammifères ne peuvent pas. Dans la phase I de ces essais cliniques, les chercheurs ont passé deux ans à étudier les différences génétiques et les similitudes entre les oiseaux et les poissons, d’une part, et les souris d’autre part. Ils ont cherché à identifier les gènes activés ou inhibés dans chacune des espèces suivantes lorsque les cellules ciliées étaient altérées.

Lorsque plusieurs gènes sont activés, ils produisent des groupes de protéines qui fonctionnent ensemble pour exécuter une fonction spécifique. Ces groupes de protéines et les fonctions qu’ils exercent sont appelés « voies ». La voie de régénération des cellules ciliées semblent fonctionner chez les oiseaux et les poissons, mais pas chez les souris. L’activation de cette voie (chez la souris) est donc la clé du processus de régénération.

Inversement, les scientifiques pensent que les souris peuvent avoir des voies spécifiques qui bloquent la régénération cellulaire, voies qui ne sont pas actives chez les oiseaux et les poissons. Par la compréhension de ces voies, les scientifiques espèrent être en mesure d’activer et de désactiver les processus de régénération des cellules ciliées auditives chez tous les animaux.

Un modèle de souris

Afin de procéder à la phase II des essais, un modèle animal (souris) est nécessaire. L’exigence est de trouver un moyen rapide et précis de détruire toutes les cellules ciliées, induisant ainsi une surdité totale, sans endommager la souris. Dans le passé, des chercheurs ont utilisé certains bruits spécifiques ou des médicaments ototoxiques pour détruire la plupart des cellules ciliées. Or cette approche n’est pas valable, car la totalité des cellules ciliées doit être détruite. Ainsi, à l’issue du traitement, quand les chercheurs verront de nouvelles cellules ciliées, ils pourront être 100% certains que ces cellules ont été régénérées et ne sont pas celles qui ont tout simplement échappé au traitement destructeur.

Un groupe de recherche en collaboration avec le HRP a développé une lignée de souris qui semblent présenter les bonnes caractéristiques. Dans cette lignée, le récepteur humain de la toxine diphtérique est spécifiquement exprimé sur la surface des cellules ciliées de la souris. La diphtérie est une infection bactérienne grave qui est mortelle pour les cellules si elle pénètre à l’intérieur.

Le groupe de recherche est en train de déterminer la concentration optimale de la toxine diphtérique à utiliser pour détruire toutes les cellules ciliées existantes, mais épargner toutes les autres cellules de la souris. Jusqu’à présent, les données semblent extrêmement prometteuses.

Méthodes thérapie acouphènes

La bioinformatique est un ensemble d’outils logiciels qui permettent aux chercheurs de comparer l’expression des gènes dans un organisme avec celle d’un autre organisme, et ainsi déterminer quels gènes agissent ensemble dans une voie spécifique.

Avec l’utilisation de l’expérimentation clinique et de la bioinformatique, ils s’attendent à recueillir une liste d’une dizaine de voies potentielles à explorer. Ils vont activer ou inhiber les gènes de chaque voie chez les souris devenues sourdes et déterminer si la manipulation conduit à la régénération des cellules ciliées.

D’autres projets impliqueront la manipulation des gènes chez les poulets et le poisson zèbre, et d’autres modèles de poissons et d’oiseaux. Les chercheurs travaillent actuellement sur l’inactivation d’un gène clé dans l’oreille d’un poussin ou d’un poisson zèbre. Une fois qu’ils localisent ce gène, ils peuvent alors passer sur le modèle de la souris et activer ce même gène clé pour voir si elles peuvent régénérer leurs cellules ciliées.


Les chercheurs prévoient encore au moins quatre à cinq années de ce type d’expérimentations.

Une cure pour les acouphènes ?

Lorsque les gènes et les voies clés sont identifiés, les chercheurs vont commencer à passer au crible tous les médicaments potentiels qui activent ou inactivent les gènes mis en évidence. Ces médicaments auront probablement besoin d’être délivrés directement dans l’oreille interne.


Il est impossible de dire combien de temps il faudra pour trouver un remède pour les acouphènes et la perte auditive. La complexité des systèmes biologiques est extrême et il y a beaucoup de contraintes scientifiques pour atteindre l’objectif. Néanmoins, les chercheurs dans le projet HRP se sont donnés 10 ans pour atteindre l’objectif d’un médicament contre les acouphènes.

Peter Barr-Gillespie, PhD, “Transitioning to Phase II”. Hearing Health, Vol. 30, No. 4, Fall 2014.

Elgoyhen AB et al., Identifying tinnitus-related genes based on a side-effect network analysis., CPT Pharmacometrics Syst Pharmacol. 2014 Jan

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »